11.10.09 au 15.10.09
Nous allons commencer à bien connaitre cette ville sans intérêt particulier ;)
Après notre périple à cheval, en vélo et bus, c’est volontiers que nous retrouvons la civilisation et profitons des bons restaurants.
Nous nous empressons tout de même d’aller à la gare pour accomplir notre dernière mission : obtenir un billet de train pour Beijing.
Nous optons pour le Transmongolien, qui est plus cher mais direct (plus pratique pour Mulot&Tornado que nous n’aurons pas à recharger/décharger, monter/démonter à la frontière).
Pas de disponibilité avant jeudi 15, soit, cela nous fait 3j à attendre UB, temps que nous passerons à nous reposer et à nous cultiver.
Nous avons trouvé une petite auberge sympathique, en plein centre, dans laquelle nous faisons encore mille et une rencontres de voyageurs en tout genre.
15.10.09 – Jour J, embarquement pour Beijing
1er contact avec les Chinois manqué, en beauté ! Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, si je commence à m’améliorer sur certains points, je stresse toujours de ne pas entendre le réveil ou qu’il ne sonne pas.
Je regarderai chaque heure passer sur la montre et entre 2, reverai meme qu'on manque notre depart.
A 6h, je saute du lit superposé pour réveiller Phil et lui dis "c'est l'heure!", quand il me repond "c'est l'heure de quoi?!" ;-)
Après une douche froide (pas de chance ce matin, d’habitude elle est bouillante), nous enfourchons Mulot&Tornado, pédalons jusqu’à la gare les dents et poings serrés a cause du froid.
Nous sommes 20 minutes en avance et commençons comme d’habitude notre déchargement.
Quand…le contrôleur du wagon nous demande de mettre nos compagnons dans le compartiment bagage spécifique et pour cela nous demande de lui présenter notre ticket bagage.
On se dit qu’il nous refait le même coup qu’à Moscou et Irkutsk, dans 5’ tout va s’accélérer et nous pourrons grimper en vitesse.
Mais j’ai comme une sale impression…nous essayons de monter nos sacoches dans notre compartiment mais le contrôleur refuse catégoriquement et nous envoie balader.
Quelques minutes plus tard, le chef du train arrive et confirme « pas de billet bagage, pas de vélo », nous montons si nous voulons mais sans nos compagnons.
« Tu m’as bien regardée, tête de lard, tu crois que je vais monter sans Mulot ! Ca va pas dans ta tête ! »
J’ai beau reprendre un peu de diplomatie (de toute manière, ils ne parlent ni anglais ni français et font exprès de ne pas nous comprendre, dommage qu’ils n’aient pas compris ma précédente réponse), ça ne change rien, le contrôleur ne daigne même pas nous regarder.
Dans toute sa grâce chinoise et la plus grande ignorance, le contrôleur monte dans le wagon et ferme la porte.
Je reste bouche-bée, le train va partir sans nous !
Le train est chinois avec des contrôleurs chinois, nous restons là sur le quai devant la porte fermée du train; la police mongole arrive, se fait expliquer la situation mais s’incline.
Des mongols ayant assisté à la scène, nous diront que les chinois sont butés, qu’ils font toujours des problèmes mais dans tous les cas, ils font ce qu’ils veulent dans LEUR train même s'il circule dans d’autres pays.
Jusqu’au dernier moment, après l’intervention de quelques personnes, je continue à espérer.
Je veux y croire tant que le train restera là devant nous.
8h05…le train part…
Nous restons comme 2 chiens sur le quai, grand moment de solitude.
Le moral est cassé, les larmes coulent.
Phil me dit qu'il n'y a pas mort d'homme, que tout va bien, nous prendrons le prochain, mais c'est comme si je venais de recevoir un coup de bambou sur la tete, je suis sonnee, je ne bouge plus...le train est parti, nous comes toujours sur le quai!
Une dame du bureau de vente des tickets de train, qui a assisté à la scène, nous propose son aide pour changer nos tickets.
Voilà que les Mongols sont sensibles et préfèrent être solidaires d’un européen plutot que d’un chinois (l’histoire entre la Mongolie et la Chine nous en dira tant !)
Nous nous faisons balader de la gare à l’office des tickets, pour nous faire rembourser une partie seulement de notre billet pour Beijing, dans cette affaire nous perdons en plus de l'argent.
Nous décidons finalement de prendre le train quotidien pour la frontière.
Nous ne voulons pas attendre le prochain direct pour Beijing, qui est samedi prochain.
Encore une fois, nous avons 2 tickets pour nous, mais voila que recommence la ceremonie des tickets pour Mulot&Tornado.
Quand le coeur y sera, je vous raconterai comment Phil a obtenu des places pour nos compagnons, dans une nouvelle blague a Toto, pour l'instant le coeur n'y est pas.
A 20h ce soir, nous nous représenterons devant le train, mongol cette fois, Mulot&Tornado devraient etre dans le wagon "marchandise". Une fois à la frontière, ce sera encore l’aventure, il existe des bus ou trains de nuit qui vont à Beijing. Quoi prendre, où, quand, comment, acceptera-t-il de prendre Mulot&Tornado, vont-ils être encore malmenés, nous n’en savons rien.
Encore une journée de SDF, plus que 9h à attendre sous la neige !
PS: on pensait vraiment que le plus dur etait passe, apres les Russes a Moscou, les Mongols, on se disait que les Chinois seraient les plus ouverts. On parle de libre-echange, de mondialisation et on ne peut pas mettre un velo dans un train sans que ca se transforme en un cauchemar.
Deja qu'ils nous ont bloque nos 2 colis maternels avec foie gras et saucisson, ils veulent en plus bloquer nos velos?! Ils commencent mal les Chinois, je vous le dis!
J'ai trop les nerfs!
Oui, on a tout notre temps, ce n'est pas grave, mais on comptait bien profiter de l'ami Olivier ce WE...pfffff!
On n'est pas pret de reprendre le train si tot.
C’est résignés et calmés, que nous avons donc finalement bien embarqué à 20h, nous avions laissé Mulot&Tornado à la bagagerie depuis 13h (de 5h pour leur obtenir un billet !), ils voyageront dans le compartiment marchandise.
Nous passons enfin une nuit reposante, dans un compartiment de 4 avec un Chinois.