
04.11.09 – Shijiazhuang – Gaoyi Etape5 : 55km (plat), temps brumeux mais agréable Nous retrouvons Mulot&Tornado, plein de poussière, car ils ont dormi dehors pendant 4j ; franchement pour un 4* ça laisse à désirer, même pas de conciergerie pour nos compagnons ! J Sortie de ville facile malgré les quelques 10km que nous avions fait à travers la ville, il y a 3j en arrivant, nous retrouvons sans souci (hormis les embouteillages et gaz d’échappement de bon matin) notre chère G107. Il y a un peu moins de circulation sur cette portion de route, bien que lorsque ce ne sont pas les villes qui se succèdent, ce sont les usines. Nous longeons toujours la voie ferrée et aurons peu de distractions aujourd’hui sur la route. Les gens sont toujours très curieux de nous voir, se tordent le coup jusqu’à avoir un torticolis sur leur vélo ou mobylette pour nous regarder un peu plus longtemps, d’autres en voiture roulent carrément en sens inverse sur la route ou s’arrêtent en plein milieu des 2 voies, nous craignons à chaque fois qu’ils ne causent un accident. La plupart du temps, lorsqu’ils s’arrêtent à notre hauteur, ils se mettent à nous parler…en chinois…on fait comme eux, on répond « doué » (oui oui) à ce qu’ils nous disent. On leur dit quand même où on va et qu’on vient de France, tout ça en chinois, oui oui, c’est que nous commençons à baragouiner quelques mots !
Qui veut pédaler loin, doit ménager son genou, donc aujourd’hui sera une petite étape pépère. Nous trouverons facilement un petit hôtel à Gaoyi, un peu miteux (les murs ont pris l’humidité et la fenêtre a une ouverture de quelques centimètres, on se caille un peu), mais nous avons un lit et l’eau chaude, c’est le principal. Et puis c’est bon pour notre budget comme dirait Phil, la chambre est à 80 Yuans (=8€). (Faut dire qu’entre le palace pendant 4 nuits et les 40€ d’acupuncture/médicaments, je me sens un peu responsable du déficit budgétaire). Ce soir, nous nous lancerons à la recherche d’un petit bouiboui pour dîner. Tiens celui-ci affiche les images des plats, on y va, ce sera plus simple pour commander. Phil prend un plat de riz au bœuf/poivrons verts, moi des spaghettis bolognaises, enfin sur l’affiche car dans l’assiette ce n’est pas trop ça. Mais bon, pour 1,5€ les 2 plats, nous n’allons pas nous plaindre quand même. Pendant que nous attendons nos plats, nous regardons le cuisinier faire ses pâtes en direct live, il est impressionnant, sans aucun outil, juste en pétrissant et malaxant, il fait des spaghettis. 05.11.09 – Gaoyi – Xingtai Etape6 : 66km (faux plat), temps brumeux, léger vent de face, vitesse moyenne à la baisse 15km/h Notre visibilité est toujours limitée à 500m à cause de la pollution. Malgré les quelques usines monstrueuses cracheuses de produits toxiques à côté desquelles nous passons, le paysage est plus « vert », les cultures de maïs se font très nombreuses. La récolte a été faite cet été, nous sommes à présent dans la phase de « séchage », le maïs est étalé sur les toits, sur la route, dans les stations service (incroyable, mais vrai). Les vélos et petits camions se font plus rares. Nous passons la journée à slalomer entre la nouvelle partie de la 2x2 voies en construction (pas encore officiellement ouverte bien que des très gros poids lourds essaient d’échapper à la circulation et viennent nous y doubler parfois à toute vitesse) et l’ancienne route rénovée (sans piste cyclable). On respire le bitume tout juste coulé. Le soleil cherche à percer, nous roulons en t-shirt car nous devons approcher les 20-22°, mais il n’y parviendra pas comme chaque jour. Quelle catastrophe environnementale ! Doit-on tout sacrifier au prix de la croissance économique !? Bien sûr, que non, mais comment avoir pu oublier l’écologie ? La Chine se réveille, elle est train de rendre compte qu’elle a saccagé sa nature en à peine 25ans et que les coûts pour remédier à cette pollution sont phénoménaux. On dirait que la Chine a décidé de sacrifier certaines régions (de l’ouest) au profit d’autres (celles e la côte est). Si Beijing emploie des milliers de petites mamies pour balayer jour et nuit ses rues, à la traque du moindre déchet, à quelques kms plus au Sud, les décharges à ciel ouvert sont pléthores. Notre arrivée sur Xingtai se fera par un quartier insalubre et se jouera au coude à coude. Un Chinois curieux nous demandera où nous allons, ça tombe bien nous n’en savons rien. Il nous indiquera gentiment par des gestes (enfin un Chinois qui sait jouer au Pictionary ! J), un hôtel (avec salle de bain vitrée au milieu de la chambre, et… internet dans la chambre. Yes très bon choixJ trop sympa ce Chinois), tout ça pour 188 Yuans ! Ce qui me fait le plus rire quand nous arrivons dans certains hôtels, c’est que le groom amène le chariot doré pour prendre nos bagages, et voilà qu’il se retrouve à tenir Mulot&Tornado pendant que nous les déchargeons et son chariot se retrouve plein à rabord avec nos sacoches et bazar. Ça n’a pas l’air très comique raconté ainsi, mais je vous assure, faut imaginer également la tête des gens dans l’ascenseur, « excusez-nous, poussez-vous un peu, on n’a pas la tête de gens qui viennent faire du business !? Mais c’est normal. Comment ça, on sent un peu !? On vient de faire 70km dans les gaz d’échappement tout de même ! ». Bien sûr, on ne se dit pas tout ça dans l’ascenseur, mais on le devine J Xingtai est encore une grosse ville, sans intérêt particulier. Nous prendrons un taxi pour aller dîner dans le centre, qui nous coûtera…0,6€. 06.11.09 – Xingtai – Handan Etape7 : 57km (plat), brumeux, vitesse 18km/h (tout baigne !) Le petit déjeuner était inclus dans le prix de la chambre. On y est allé et on est reparti aussi vite, du bouillon de nouilles à 8h du mat’, non merci ! C’est la journée la plus chaude que nous ayons eu en Chine pour l’instant, 22° et…quand on lève les yeux au ciel à la perpendiculaire (faut vraiment se tordre le cou en arrière), on aperçoit du ciel bleu ! Devant c’est toujours et encore de la pollution mais au dessus de nos têtes y’a un petit coin de ciel bleu. On pense à tous ces gens qui habitent là et qui ne doivent voir le ciel bleu que 2 ou 3j par an, on se demande s’ils y font encore attention !? Petite parenthèse : vous savez, dimanche dernier, quand nous étions à Shijiazhuang, nous avons préféré y rester quelques jours de plus, car une tempête de neige s’amorçait. Figurez-vous que le jour même, une tempête de neige a été provoquée à Beijing. Moi aussi, je savais qu’on pouvait créer de la neige artificielle sur les stations de ski, mais pas comme ça sur toute une région. Et bien si les Chinois l’ont fait. Pourquoi donc ? Vous vous souvenez quand je vous ai dit que nous étions étonnés de chacun de nos passages sur des ponts, où nous ne voyions plus aucune rivière !? Et bien profitant de l'arrivée d'un front froid, les météorologues ont fait tomber grâce à la dispersion massive de produits chimiques dans les nuages plus de 16 millions de tonnes de neige sur la capitale chinoise, afin de limiter la sécheresse persistante sur le nord de la Chine. Au delà de l’avalanche de plaintes des Pékinois le dimanche, ont-ils réfléchi aux dangers potentiels de la dispersion de produits chimiques dans les nuages ? Ils n’ont pas fini de nous surprendre ces Chinois et dans tous les sens du terme. Revenons-en à notre journée. Tout roule parfaitement sur les 2 premiers tiers du trajet, la route est toute neuve, aujourd’hui ça sent la peinture fraiche. Sur la fin, les mamies ont juste oublié de balayer la piste cyclable, on mangera pas mal de sable, surtout quand les camions nous doubleront. Comme chaque soir, l’épreuve tant redoutée de l’arrivée en ville est là. Handan compte 1,5M d’habitants, une petite ville pour nous à présent J L’avantage, c’est que nous arrivons pour l’instant toujours par le nord et quittons la ville par le sud, cela limite les risques de perte. Néanmoins allez trouver un hôtel comme ça, dans une ville si… « petite » ! Pour l’anecdote, très peu d’hôtel marque « hotel » en anglais sur leur devanture. Il nous arrive souvent de croire reconnaitre les idéogrammes indiquant un hôtel, mais une fois à l’intérieur et notre dictionnaire en main, on voit vite à l’air de la petite dame si on s’est trompé ou pas, 1fois sur 4 en moyenne ! Alors maintenant, ça se chamaille, « vas demander toi s’ils font hôtel ! » Y’a des moments comme ceux-là, où ce n’est pas simple, même quand ils ne font pas hôtel, ils nous tiennent en haleine, le temps d’aller chercher quelques copains et leur montrer les 2 extra-terrestres qui sont là et qui cherchent un endroit où dormir. Je pense toujours qu’on devrait monter un cirque, avoir une banderole, ça pourrait peut-être nous payer nos nuits !? Bref, nous aurons encore tourné 10 bornes dans la ville avant de trouver un hôtel, 3* à 20€ bien laid d’extérieur et d’intérieur, de style communiste à fond ! On n’a rien trouvé de mieux…on va passer une nuit…communiste, au frais, parce que ça caille en plus dans l’hôtel. (Pour mémoire à éviter : le Han Dan Grand Hotel) Ce soir au restaurant, nous dinions près de la fenêtre (mon emplacement préféré). Un petit enfant nous a vu et s’est scotché à la vitre, avant d’aller chercher sa mère et de lui dire « regardes maman, y’a 2 singes blancs qui mangent une pizza !» (« singe » parce qu’il faut voir la coupe et barbe de Phil J). Je sais, je commence à développer un don de télépathe ! Nous avons appris un nouveau mot (enfin nom) ce soir au restau, grâce au serveur, tout fier de parler anglais avec nous et de savoir que nous venions de France: « Chinédiné ». Désolés, nous pas comprendre !? « Football » s’écria t’il. Ahhh Zinedine ! Bah oui, mais c’est bien sûr, en chinois ça se prononce « Chinédiné ». |